Actualité
23.03.2026
La prévention
Les puffs, ces cigarettes électroniques jetables à usage unique, se sont imposées en quelques années comme un produit phare chez les adolescents et les jeunes adultes. Leur apparence ludique, leurs arômes sucrés et leur facilité d’utilisation ont contribué à leur succès rapide. Mais derrière cette image inoffensive, les professionnels de santé alertent sur des risques importants pour la santé, l’environnement et la lutte contre le tabagisme. Ces inquiétudes ont conduit à leur interdiction en France depuis février 2025.
Apparues aux États-Unis en 2019 avant d’arriver en Europe en 2020 puis en France en 2021, les puffs sont des cigarettes électroniques préremplies, prêtes à l’emploi, et non rechargeables. Leur design coloré, leurs prix attractifs et leurs arômes rappelant les confiseries (fraise, banane, barbe à papa, soda…) ont rendu ces dispositifs particulièrement populaires auprès des mineurs, malgré l’interdiction de vente aux moins de 18 ans.
Selon les professionnels interrogés, la puff est « plébiscitée par les collégiens et les lycéens » et devient souvent une première initiation au vapotage.
La majorité des puffs contiennent de la nicotine, une substance hautement addictive. Une puff peut équivaloir à plusieurs dizaines de cigarettes traditionnelles selon son taux de nicotine. Certaines délivrent en moyenne 600 à 700 bouffées, et certaines versions vont jusqu’à 16.000 bouffées, soit l’équivalent de plusieurs paquets de cigarettes.
Les jeunes, dont le cerveau est encore en développement, sont particulièrement vulnérables aux effets neurobiologiques de la nicotine.
Comme toutes les cigarettes électroniques, les puffs produisent un aérosol composé de propylène glycol, glycérine végétale, arômes, nicotine et autres substances. Les effets à long terme de l’inhalation de ces produits sont encore mal connus, ce qui inquiète les experts. Les autorités soulignent qu’en plus de la nicotine, d’autres substances potentiellement nocives peuvent être inhalées.
De plus, le Monde de la Santé rappelle que certains arômes chauffés peuvent libérer des composés irritants et que l’usage intensif de puffs peut provoquer des symptômes respiratoires.
Les autorités sanitaires et les médecins s’accordent sur un point : la puff n’est pas un outil de sevrage, mais un produit qui attire vers la nicotine et peut encourager le passage vers la cigarette. Les adolescents qui commencent par une puff sont plus susceptibles d’adopter ensuite un tabagisme régulier.
La puff est un produit jetable, composé d’une batterie au lithium, d’un réservoir plastique et d’une résistance métallique. En pratique, une grande partie finit dans les poubelles classiques ou dans la nature, alors qu’elle devrait être déposée en déchetterie ou dans les conteneurs spécialisés pour appareils électroniques.
Cette mauvaise gestion multiplie les déchets polluants et contribue à une pollution importante, dénoncée par les associations environnementales.
Face à ces enjeux sanitaires et écologiques, la France a franchi une étape décisive en interdisant totalement :
des cigarettes électroniques jetables. Cette interdiction, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale et le Sénat, s’inscrit dans le Programme National de Lutte contre le Tabac 2023‑2027.
Bien que les puffs jetables soient désormais interdites en France, cette interdiction ne concerne que les modèles préremplis et impossibles à recharger, c’est‑à‑dire les dispositifs à usage unique destinés à être jetés une fois vides. Les puffs rechargeables, qui peuvent être remplies à nouveau où fonctionner avec des cartouches remplaçables, restent quant à elles légales. La loi du 24 février 2025 vise exclusivement les produits préremplis non‑rechargeables, un point confirmé par le nouvel article L.3513‑5‑1 du Code de la santé publique ainsi que par l’analyse juridique publiée en mai 2025 : seuls les modèles jetables sont interdits, tandis que les appareils rechargeables continuent d’être autorisés à la vente.
Sources :